TERRE à CIEL Poésie d'aujourd'hui

Les bonnes feuilles de Terre à Ciel -
Etreinte ~ Christine Bloyet
Editions Henry / Les Ecrits du Nord

 

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Le titre de ce recueil ( qui a reçu le Prix des Trouvères des Lycéens en 2008 ) semble annoncer une poésie amoureuse. C’est pourtant de deuil qu’il s’agit dans ces poèmes aux vers très courts. Mais Christine Bloyet évoque la mort avec une grande douceur :

tu / t’enfonces / dans / la nuit // où enfin / tout / s’épuise // où enfin / tout / s’éteint // dans la douceur / de moire // d’une mort / de velours // pour ton corps / dépéri

Sa voix explore les territoires de la disparition, sans violence, la mort y apparaissant plutôt comme un effacement progressif de l’être :

tu t’accroches / au velours / de la nuit / amarrée // tu t’abandonnes / toute / tu te laisses / emporter // tu te laisses / envoler / sur l’aile / du retour // tu reconnais / ton ciel / tu te donnes / pour toujours

Les anaphores ( je marche / sur le chemin / des clartés / évanouies // je marche / avec elle / son bras n’a / pas d’appui ( …) ), la brièveté des vers, les accents de chanson ( nous n’irons/ pas au bois / mon bel enfant / malade ( …) ) créent un rythme qui amène le lecteur à partager ce chagrin.

Dans la nuit de la perte, les mots forment un refuge et une autre manière de lien avec la personne disparue, au-delà des limites du temps :

tu es allongée / à jamais // je t’écris / pour toujours ( …)

L’écriture apporte la lumière de la renaissance : une autre existence est possible, au-delà de la souffrance :

la maison / transparente // où se dénouent / les noeuds // où se tendent / les liens // à l’abri / pour toujours // de la grande / détresse

On ferme le recueil avec la sensation apaisante et réconfortante que les mots sont porteurs d’espérance.


Cécile Glasman

 
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