TERRE à CIEL Poésie d'aujourd'hui

Paysages
Soleils d'en face, poèmes de Corinne Cournand
accompagnant les tableaux de la période Camargue de Christian Constant
Mini entretien avec Corinne Cournand par Roselyne Sibille

 

Retour aux paysages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MINI-ENTRETIEN AVEC CORINNE COURNAND
par Roselyne Sibille


D’où vient l’écriture pour toi ?

Pour moi, elle vient d’un monde obscur, sans fenêtre. Enfant, j’aimais l’esthétique de l’écriture. Je m’appliquais à tracer des pleins, des déliés. Puis je me suis mise à aimer les mots. J’écrivais en embuscade, dans ma chambre obscure sans fenêtre. J’écrivais ma solitude sur des pages arrachées à mes cahiers d’école que je cachais ensuite dans la tête creuse d’une poupée. J’avais honte.
Plus tard, j’ai rencontré la littérature. Dans un monde ouvert. Et j’ai fait la rencontre d’artistes, de peintres surtout. Peindre la lumière, peindre avec les mots !... alors, je me suis autorisée à écrire. Maintenant, j’écris au grand jour, dans le respect des contre-jours.

Comment travailles-tu tes écrits ?

Je travaille très peu mes écrits. En fait, j’écris partout, des bribes, des images et tout ça se disperse sur des bouts de papier, des enveloppes, des carnets d’adresse, des agendas, des quatrièmes de couverture… J’ai des difficultés à rassembler tout ça mais tant de plaisir à redécouvrir quelques bribes déposées au hasard.
Quand je suis seule, dans la nature, l’écriture se fait sans moi. C’est comme une contemplation qui se passe de mots. Je suis là, je m’imprègne. A distance, les images et la poésie me surprennent comme une éclaboussure. J’écris la mémoire de mes sens et de mes pensées. J’écris en ricochets.

Comment crées-tu un lien avec la peinture ?

Le hasard a fait que j’ai rencontré des artistes peintres. Une histoire d’amour, d’attirance, tu vois ? Sous leur pinceau, j’entrevois ma poésie. Pas tout à fait narratif, pas tout à fait figuratif. Il y a comme un espace pour se rencontrer, se parler, revivre ensemble. C’est ce qui s’est produit avec Christian Constant et nos « Soleils d’en face » en Camargue. J’étais prête à recevoir ses lumières.

Quelle serait ta bibliothèque idéale ?

J’ai toujours un petit livre sur moi, au cas où… Ma bibliothèque est dans ma poche.
Je lis peu, ou par épisodes, parce que je ne supporte pas d’être enfermée entre les pages d’un livre.
Ma poésie préférée, c’est celle qui suggère. C’est celle aussi que je fuis de peur de lui ressembler. J’ai souvent le sentiment que ces auteurs ont volé mes mots. Je préfère m’entourer de tableaux.
Ma bibliothèque idéale, c’est la nature : ses changements, ses imprévisibilités. C’est aussi la nature humaine, ses émotions, ses énigmes.

 

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