TERRE à CIEL Poésie d'aujourd'hui

Terre à ciel des poètes - François de Cornière

 

Sur François de Cornière
Présentation
Extraits de Ici aussi
Extrait de Boulevard de l'océan
Extrait de Tout cela
Extrait de Des cailloux qui flottent
Extrait de Tout doit disparaître
Sur internet
Bibliographie

Les fiches des poètes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On ne reste jamais longtemps devant soi, pour autant qu'on y parvienne

Antoine Emaz - Lichen, lichen

Présentation


Né en 1950. Ancien organisateur du festival « Rencontres pour Lire » à Caen. A publié grand nombre d’ouvrages (poésie, prose) entre 1981 et 1997. Depuis, deux anthologies « C’était quand » chez son premier et fidèle éditeur, Le Dé Bleu (sept livres ensemble), 1999 et « Ces moment-là » au Castor Astral qui réunit plus de 130 poèmes écrits de 1980 à 2010. S’il ne publie plus, on peut espérer qu’il écrive encore : il a influencé toute une génération de poètes. François de Cornière, c’est l’air de rien. Il note, il absorbe, il capte, il relève, il note. Une attention aux petits riens, au quotidien, au temps qui passe qu’il suspend avec une poésie mélancolique éclairée aux lampions.

François de Cornière - extraits de Ici aussi


la queue au bureau de poste
odeur de travail
comme l’odeur de l’école
qui collait aux affaires
qui revient de très loin

derrière le comptoir
regards baissés
gestes lents

une femme dans une cabine
crie
que ce n’est pas grave

nous
attendant notre tour
et sachant bien
qu’elle ment (Communication)

la plage vers 11 heures
le soleil cogne fort
les bruits surtout
ont une drôle de résonance
bleu quand on ouvre les yeux
et rouge sous les paupières
avec de petits fils
ou de petites étoiles
qui semblent se poursuivre
comme tous ces gens
vont à l’eau
et ressortent
toujours
une page après l’autre
qu’on feuillette
salle d’attente de l’été
le sable entre les doigts
camping à 200 mètres
et le temps qui se gâte
intérieurement (Résonance)


(…)
le sable percé de mille trous
les cabines fermées
deux chiens après les mouettes
et le moteur coupé
à écouter les gouttes sur le toit
qui tombent
comme un été de plus
et d’autres choses à l’eau (Carte postale)


cinq heures de septembre
assis à la terrasse d’un café
on regarde devant soi
ou ailleurs
se ramasser le temps
- filets ballons canots
bouée des souvenirs
on s’accroche –
(…) (Signes)



François de Cornière - extrait de Boulevard de l'océan


Et tout paraît attendre. L’eau, retenue dans les quelques bassins pour le sel – ils sont abandonnés - , ne remue pas d’une ride. Les joncs, les roseaux sont figés. Les couleurs, la vase, les herbes, les nuages, l’eau, le ciel, paraissent se contenter d’apporter des nuances à un fond mystérieux. Tout paraît « en retrait ». Et si quelques mouettes passent encore, un héron souligne qu’ici tout est plus lourd, et puis beaucoup plus lent, sans doute plus grave aussi ;
(p.117)


François de Cornière - extrait de Tout cela


C’est bien du grand beau temps
et ce matin en ouvrant les volets
c’est bien le bleu du ciel
qui nous a fait un bon moment
rester sans rien nous dire
simplement regarder
à travers les branches
le ciel de cette journée
qui allait une fois encore
partir dans une histoire
où rien – mais rien –
ne nous rendrait un peu de ces minutes
qui nous avaient retenus
derrière la fenêtre
comme devant une toile
dont nous aurions été les premiers
à lire les couleurs
sur une terre qui tourne
à la manière d’une phrase
sur elle-même
sans rien avancer d’autre parfois
qu’une immense certitude
parfaitement collée à la réalité (Comme une phrase sur elle-même)


(…)
Les herbes s’étaient mises à trembler.
Nous avions observé les chevaux
qui couraient et venaient jusqu’à nous.
Et la lumière du soir construisait ses murets
dans le grand paysage d’un parcours
qui se terminait là
- nous le savions déjà –
derrière nos ombres longues
qui partaient devant nous
et que nous devions suivre. (Ca sent l’automne tu ne trouves pas ?)

François de Cornière - extrait de Des cailloux qui flottent


La terre
qui colle aux bottes.
Poids du silence
à partager.

#

Par la vitre d’une brasserie.
Silhouettes ombres chinoises.
Le soleil dans la tasse
et se taire
tout au fond.

François de Cornière - extrait de Tout doit disparaître

on regarde un soir
un vieux carton de photos
et les images passent entre nos doigts
on voit des visages
on visionne des vies
et comme pour les graviers
qu’un jour on étale sur une tombe
en plein soleil
on se dit qu’il fallait le faire
sachant bien que la pluie
qui fait des traînées dans la terre
emporte cela le reste
et nos poèmes mal cadrés
toujours tournés vers l’intérieur (Image)

François de Cornière sur internet
Bibliographie


Poésie

  • L’été à jour, Le Dé Bleu (1976)
  • Le temps respire, Chambelland (1976)
  • Dedans dehors, Le Dé Bleu (1978)
  • Ici aussi, La Corde raide (1980)
  • C’est à cause du titre, L.O Four (1981)
  • Objets trouvés, Le Pavé (1982)
  • Les découvertes, Le Pré de l’Age (1983)
  • Tout doit disparaître, Le Dé Bleu (1984)
  • Pour un peu, Le Dé Bleu (1984)
  • PK 213, Le Pré de l’Age (1986)
  • En un éclair, Le Pré de l’Age (1988)
  • Tout cela, Le Dé Bleu, Ecrits des Forges, L’Arbre à paroles (1992)
  • L’Esprit de la lettre, Le Pré de l’Age (1993)
  • Entre nous sans un bruit, Fario (1993)
  • Des cailloux qui flottent, Le Dé Bleu (1994)
  • C’était quand ? Le Dé Bleu (1999)
  • Ces moments-là, Castor Astral (2010)

    Proses (Récits, chroniques, nouvelles)
  • Talonnades, Le Castor Astral (1986)
  • Mais où sont ces photos ? Le Castor Astral (1987)
  • L’écluse, L’Echoppe (1988)
  • Boulevard de l’Océan, Seghers (1990)
  • En principe, L’Echoppe (1992)
  • Caen, des pages, des pas, Atelier du Gué/Au brouillon de culture (1994)
  • La terre ronde, Atelier du Gué/Au brouillon de culture (1994)
  • Partir pour de bon, H.B éditions (1996)
  • La surface de réparation, Le Castor Astral (1997)

    Fiche proposée par Sophie G Lucas

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