à l’hôpital le mal dans son petit corps son
mal de planté là dedans son mal à elle qu’ils
disent qu’ils disaient qu’ils diront encore du blanc
partout tout partout partis volés les mots restés
dedans coincés tombés tout au fond du dedans je
suis dedans j’y suis j’y reste transpercée
j’encaisse tranchée par la moitié j’envoie
j’en vois des vertes et des pas mûres historiettes
par ci fariboles par là les mots des uns les mots des autres
moi dedans tout ça
je m’étale je divague
et je cherche cherche je cherche j’ai cherché je
chercherai plantée là debout dedans le mal dedans
vous me vouliez vous ne m’aurez pas tu parles trop tu écris
trop tu fais tout trop mal j’ai mal le pus susurre mes mots
ne peuvent le silence dit le corps mon corps crie se tord ma gorge
le tube dans ma gorge la main de l’infirmière encore
une dose pour me faire taire tu parles trop vas tu te taire tu
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accusée levez-vous ils sont entrés sans frapper
j’étais pas là sans frapper au nom de la loi
je vous arrête tout de suite vous dites n’importe
quoi sans frapper je vous dis j’étais pas là
en pleine tête en plein ventre aller retour ça tourne
tourne dans ma tête ça cogne cogne dans mon cœur
elle est folle elle délire
elle est complètement folle tu dis n’importe quoi
ma pauvre fille elle est folle je te dis
aller retour instantané sans frapper j’étais
pas là ils ont tout lu tout tout n’est pas permis
non pas tout tous les jours j’écris toutes les nuits
sans frapper accusée levez-vous ils ont tout lu tout ils
ont volé mon meurtre de papier mon cahier ils l’ont
lu l’ont volé l’ont brandi m’ont menacée
menacée sans frapper j’étais pas là
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rafales de mots
en pleine tête en plein ventre pétrifiée debout
anesthésiée partis les mots disparus perdus volés
ils ont volé mon meurtre de papier il a lu tous mes cahiers
lequel parmi tous ces lequel debout bien droit comme si de rien
n’était on donnerait le bon dieu des traces d’eux
vas tu te taire anesthésiée lequel
ça ventre ça ventre ça ventre ça crie
ça hurle debout dedans du corps à corps ça
hargne ça rage et ça raye graphite indélébile
tranchée debout dedans ça cogne ça cogne
en pleine tête en plein ventre le pus susurre gronde se
répand ça courbe courbe sur l’écran
rouge sang ça pétoche en blanc
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attendu que dedans
les mots dedans tenir les mots dedans que saisie à la gorge
je suis par la grande et la petite
attendu que la ponctuation c’est pour faire joli qu’ils
me tiennent comme les majuscules et que les points justement moi
j’en veux pas que je serre les poings mes petits poings
violacés et que les ongles j’en ai plus pour les
rentrer dans mes petites paumes et que les ongles ils seraient
tombés tout droit dans la turgescence
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accusée couchée pas bouger dans le lit blanc ça
hurle ça hurle dans son corps des gouttes d’eux sur
le cahier des larmes à moi je suis perdue ne le voyez-vous
pas sans frapper tous les jours que dieu fait j’écris
le délit accusée levez-vous vous me vouliez vous
ne m’aurez pas accusée j’envoie j’en
vois des vertes et des pas mûres au nom de la loi je vous
en conjure le pus susurre ce que les mots ne peuvent menacée
menacée tout n’est pas permis non tous les jours
toutes les nuits j’écris le cri trop longtemps détenu
je suis perdue ne le voyez-vous pas
elle est folle elle délire
complètement elle est complètement folle tu dis
n’importe quoi je n’ai jamais dit ça au nom
de la loi je vous arrête tout de suite accusée levez-vous
ça tourne tourne dans ma tête je suis folle et je
l’écris tous les jours toutes les nuits je ne dors
pas je l’écris tous les jours toutes les nuits le
cri du tout petit corps à l’hôpital tous les
jours que dieu fait vous n’étiez jamais là
accusés levez-vous
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attendu que ma langue est ligaturée pieds et poings liés
j’écris les lundis je m’écris je attendu
que j’attends au tournant à la place du mort avec
mon permis attendu que dans ma pauvre petite tête je pauvre
fille perdue j’écris pauvre folle je suis perdue
attendu que l’envie du sang me vient que l’envie de
tuer m’assaille de tous cotés attendu que je suis
folle je l’écris attendu que ligaturée la
langue roulée en boule tourne tourne huit à dix
fois tu parles tu écris tu fais trop attendu que la langue
coupée le ventre tailladé trépanée
la tête à genou j’implore et j’écris
tu organises ta perte que cela pourrait se retourner contre vous
les écrits restent ma pauvre fille que vont ils faire de
toi
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Isabelle GROSSE
bio-biblio express: née en 1966, vit à Niort. A publié
« nina » aux éditions un-état-d'esprit,
des textes poétiques dans les revues Liqueur 44, N4728, Nouveaux
Délits, Comme en Poésie, Verso, Décharge, Casse~Pieds,
Locomotif (Québec) et sur Internet dans le Capital de Mots, Incertain
Regard, Des Rails, FPDV et Mouvances.
http://m-e-l.fr/Isabelle%20Grosse,494
Comment travailles tu tes écrits
?
j'écris à la main
j'écris avec un crayon de papier
j'écris dans des carnets sur des feuilles volantes dans de très
grands cahiers j'écris tous les jours je note tout ce qui vient
tout ce qui ne vient pas j'écris je cherche je recopie je reprends
je modifie je recopie j'écris je lis à haute voix je relis
/ relie je lis j'écris je recopie si c'est trop difficile je
m'éloigne des mots quand j'ai trouvé quand je sens que
c'est juste j'écris sur l'écran avec le clavier
D’où vient l’écriture
pour toi ?
elle vient de très loin
elle vient du dedans
elle vient de ce que la bouche ne peut dire elle vient de ce qui me
remue fort elle est devenue nécessité
Quelle est ta bibliothèque idéale ?
elle a beaucoup évolué depuis le club des 5...
je parlerai juste de ma découverte de un bruit de verre en
elle c'est peut-être grâce à Albane GELLE que
je suis entrée en écriture poétique